Tout semble commencer normalement : des notes écrites, des croquis puis la page blanche.


là, l’ordre des choses s’inverse et tout commence dans le noir, par le noir, presque pour le noir.


tout pour ne pas avoir à penser aux figures, à tout ce que l’obscurité confond et qui réclame,

tout pour ne pas éclairer les ténèbres : plisser les yeux et voir dedans.


les ombres ont une lumière qui ne réfléchit pas à ce qu’elle illumine.


ne pas se contenter de la surface du noir, aussi des choses ; prendre le temps des yeux,

le donner aux regards, le redonner aux choses.


Tendre les yeux


la pierre noire pour effacer la lumière, la gomme pour retrouver ce que j’ai perdu dans l’obscurité.




RICHARD LAILLIER

Photo Vladimir Vatsev